• Les Bleus s'offrent un avenir

    Les Bleus s'offrent un avenir

    11/10/2011

    L'équipe de France a obtenu sa qualification directe pour l'Euro 2012, en décrochant le match nul (1-1) mardi soir au Stade de France face à la Bosnie. Un résultat suffisant, arraché sur un penalty de Nasri en seconde période, qui aura vu les Bleus se rebeller. Pas de barrages donc en novembre, mais un grand chantier qui attend tout de même Laurent Blanc.

    Un vieil adage dit qu'une victoire arrachée dans la douleur est encore meilleure. Peut-être. Mardi soir, les Bleus ne pourront pas accréditer cette thèse, car de victoire il n'y a point eu. La douleur, en revanche, aura été leur partenaire privilégiée tout au long d'une rencontre annoncée comme une finale, et qui en aura eu l'intensité, à défaut de l'intense qualité. Ou si qualité il y a eu, elle fut du côté bosnien pendant soixante minutes. Misimovic, Pjanic, Dzeko, les dangers potentiels étaient connus, ce qui ne les a pas empêchés de mener la vie dure à l'arrière-garde tricolore.

    Pendant toute une première période à sens unique, le trident offensif des Dragons a pesé. Et les Bleus peuvent s'estimer heureux qu'Edin Dzeko n'ait pas été dans un grand soir. Par trois fois, l'attaquant de Manchester City rate son dernier geste dans la surface. Mais les grands attaquants, dont il fait indéniablement partie depuis deux saisons maintenant, ne doutent pas. Dzeko le démontre à la 40e minute, en réalisant un enchaînement parfait : son contrôle orienté dos au but met Rami dans le vent, sa frappe enroulée trouve ensuite le petit filet d'un Lloris qui ne peut rien. Le geste est beau, il récompense la domination des hommes de Safet Susic, qui gagnent tous les duels et passent toute la première période dans le camp tricolore. Il sanctionne, surtout, l'attentisme français, symbolisé par Yann M'Vila qui tourne le dos au ballon lorsque le coup franc est vite joué.

    Si le match s'était arrêté à la pause, le constat de ces Bleus-là ne serait en effet pas brillant. Pas d'allant, pas de technique, pas de maîtrise collective… Un bilan noir, qui va s'éclaircir après la pause. Peu à peu, l'emprise technique se fait sentir. Nasri et Martin, entré en jeu, se trouvent au cœur du jeu, Ménez passé à gauche fait la différence sur chaque accélération ou presque, à mesure que la Bosnie semble peiner physiquement.

    Blanc : "Ajouter de la qualité"

    Mais comme sur le but de Dzeko, il faut une faute d'inattention bosnienne pour que les Bleus reviennent : Spahic semble d'abord prendre le dessus sur Nasri dans son duel, mais le Citizen s'accroche et récupère le ballon, avant d'être déséquilibré par l'ancien Montpelliérain dans la surface. Samir Nasri assume son statut de leader technique et transforme d'une frappe croisée le penalty accordé par M. Thomson, permettant aux Bleus de respirer alors qu'il reste moins d'un quart d'heure à jouer. Nasri buteur, une première depuis quatre ans, mais surtout un signe fort que l'ancien Gunner s'affirme enfin, quelques minutes après avoir déjà trouvé la barre transversale (72e).

    Cette dimension de leader enfin assumée par Nasri, voilà d'ailleurs l'un des points positifs sur lesquels devra s'appuyer Laurent Blanc à l'avenir. Le sélectionneur en est conscient : "Je note une progression. Il y a un groupe qui se dessine, avec des éléments de qualité qui s'affirment. On va faire avec ces éléments de base, et il faudra ajouter de la qualité", déclarait-il devant les caméras de TF1 quelques instants après le coup de sifflet final. L'objectif est affirmé, il n'en est pas pour autant simple à atteindre. Toujours est-il que la feuille de route est connue. Et tant mieux si elle ne passe pas par les barrages.

    Par Matthieu ABADIE


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